Israel, Occupation & Loi Internationale
by Dan Juster, Director, Tikkun Ministries International

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Nous assistons actuellement à l’échec des récents pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens. La raison principale en est que les exigences des Palestiniens sont telles qu’Israël ne peut pas y consentir. Tout d’abord, les négociateurs palestiniens continuent à demander qu’Israël retire tous les Juifs de la Cisjordanie "occupée", y compris des villes et des agglomérations déjà établies de 10000 à 50000 habitants. Non seulement il est impossible pratiquement de démanteler ces villes mais les zones urbaines ne constituent que 3% du territoire de la Cisjordanie. Israël ne peut pas accepter un accord qui créerait de telles difficultés et, bien sûr, la majorité des citoyens israéliens ne l’approuveraient jamais. En outre, c’est un fait établi par l’histoire que des Juifs ont vécu en diverses parties de la Cisjordanie et de Jérusalem Est bien avant qu’Israël ne devienne un état.

Les Palestiniens exigent que les Juifs se retirent de tout ce qu’on appelle « Jérusalem Est » y compris des quartiers où vivent des centaines de milliers de personnes, comme Gilo, Pisgat Zev et Ramot. Le Quartier Juif de la Vieille Ville, y compris le Mur Occidental, était un quartier juif non seulement avant l’indépendance mais depuis des centaines d’années auparavant. L’Université Hébraïque et la zone du Mont Scopus avec l’Hôpital d’Hadassah, conquis par la Jordanie dans la guerre de 1948, sont aussi sur la liste de ce qui doit être « rendu » aux Palestiniens. La majorité de ceux qui soutiennent les exigences des Palestiniens n’ont même pas visité ces lieux et ne se rendent pas compte que ces exigences ne sont pas réalisables. Je crois que l’Autorité Palestinienne le comprend très bien et qu’elle s’engage dans les pourparlers de paix sans grande conviction afin de gagner quelques bénéfices politiques tout en ne s’accommodant pas vraiment du fait de la présence permanente d’Israël ici.

Un autre souci très réel est celui de la sécurité nationale. Israël ne peut pas abandonner le contrôle de la sécurité sur les collines qui surplombent des centres de population juive et l’Aéroport International Ben Gourion qui ne sont pas en Cisjordanie mais en sont très proches. Israël ne peut pas non plus perdre la juridiction sur la frontière avec la Jordanie et vivre à nouveau ce qui est arrivé dans le retrait de Gaza où des milliers de missiles ont été lancés sur des zones peuplées par des civils Israéliens de 2005-2008. Enfin, la menace démographique de la perte de la majorité juive est très réelle par l’invitation au retour des descendants des Palestiniens qui ont fui Israël pendant la Guerre d’Indépendance de 1948. En fait, la principale raison de l’approbation internationale pour qu’Israël devienne un état était l’existence d’un pays souverain à majorité juive où les Juifs pourraient fuir l’antisémitisme. C’est arrivé peu de temps après la Seconde Guerre Mondiale suite à un mouvement de sympathie de courte durée suscité par l’Holocauste à l’Assemblée des Nations Unies.

Retrait Unilatéral

A mon avis, il y a de fortes chances que nous assistions à un retrait des zones palestiniennes de la Cisjordanie mais avec des dispositifs de sécurité bien meilleurs que ceux du retrait de Gaza. Israël gardera et protègera les principaux blocs d’implantation et Jérusalem Est. Il maintiendra la sécurité sur les hauteurs surplombant des populations israéliennes et dans la vallée du Jourdain. Israël ne peut pas faire moins parce que le Hamas pourrait prendre le pouvoir et la Jordanie pourrait tomber aux mains des Islamistes. La Jordanie est déjà en réalité un état palestinien ! Donc la question sera une querelle de frontière et non l’occupation d’une autre population. La raison du retrait israélien serait d’éviter la solution d’un seul état et le problème de donner la citoyenneté aux Palestiniens de Cisjordanie avec tous les problèmes démographiques que cela impliquerait. Les nombres feraient que finalement Israël cesserait d’être un état juif.

Il est presque certain qu’il n’y aura pas d’accord de paix. Je donne 50 pour cent de chances au scénario du retrait et je crois qu’il pourrait se produire dans les 5 ou 10 années à venir.

L’argument de la violation de la loi internationale

Au milieu de tout ça, le monde continue de condamner Israël pour violation de la loi internationale. La plupart des lecteurs chrétiens ne comprennent pas cet argument. J’ai déjà écrit à ce sujet mais j’ai maintenant de nouveaux renseignements que vous allez trouver très instructifs. Ceux qui avancent cet argument font généralement appel à la Quatrième Convention de Genève en 1949. Ce traité comporte de nombreux articles intéressants. En premier lieu, il déclare que les frontières nationales reconnues sont intouchables. En réaction à l’Holocauste, il interdit les déplacements de population. Il demande aussi que les états en guerre, même en défense, doivent finalement revenir à leurs frontières antérieures. L’idée de modification de frontières pour punir l’agresseur fut rejetée bien que, historiquement, elle faisait tout à fait partie de l’idée d’un juste règlement. On peut relever qu’après la Seconde Guerre Mondiale, le territoire de la Pologne s’est agrandi et celui de l’Allemagne a diminué. En outre, la Convention de Genève a rejeté les grands déplacements des populations pour les faire entrer dans le territoire occupé d’un autre pays ou les en faire sortir.

Israël n’a pas envahi un autre pays

Le problème majeur en appliquant les articles de Genève dans ce cas, c’est qu’Israël en réalité n’a pas envahi un autre pays aux frontières reconnues dans la Guerre des Six Jours de 1967. Quand la guerre a éclaté, la Jordanie a attaqué Israël depuis la Cisjordanie. Israël a répondu en pénétrant dans les territoires disputés (la Cisjordanie) occupés à l’époque par la Jordanie. La souveraineté de la Jordanie sur ces territoires n’était pas reconnue (mais n’était pas une source de colère internationale). La Jordanie avait envahi des territoires sur lesquels il y avait des habitants juifs avant la Guerre d’Indépendance de 1948.

Après 1967, Israël a décidé de construire des villes sur des terres inhabitées qui ont été achetées ou qui appartenaient à l’état sous l’Empire Turc et plus tard dans la période du Mandat Britannique. Israël n’a pas déplacé des Palestiniens hors de leurs lieux de résidence mais il a seulement aménagé de nouvelles zones pour les Israéliens qui habitent en Cisjordanie. Donc il n’y a pas violation de la Quatrième Convention de Genève. Une récente étude par des experts en droit israéliens a démontré ce point très clairement.

Une interprétation incorrecte de la loi internationale

Alors pourquoi la majorité des pays du monde soutiennent–ils cet argument et le répètent-ils ? Tout d’abord, l’ONU a décidé d’interpréter le plan de partage de 1947 de telle façon que, après 1967, la Cisjordanie et Gaza seraient traités comme une nation pour des objectifs légaux. Ceci a été fait en dépit du fait que les Arabes de ces régions ont rejeté le plan et qu’il n’y a jamais eu de nation palestinienne reconnue. En outre, la majorité des gens ne réalisent pas que l’argument de l’illégalité est basé sur l’interprétation donnée par le Comité International de la Croix Rouge (CICR), gardien de la Quatrième Convention de Genève. Le CICR a décidé arbitrairement et unilatéralement que l’Article 49 de la Convention s’appliquait à ce qu’ils ont appelé les « Territoires Palestiniens Occupés » qui comprenaient Gaza et la Judée, la Samarie, et Jérusalem Est (tous appelés la Cisjordanie). Cette information importante est tirée du Jerusalem Post (15 nov.) dans un article de Moshe Daan, intitulé « Pourquoi accuser John Kerry ? » L’article 49 s’applique seulement aux territoires qui appartiennent à un pays et qui ont été occupés pendant un conflit. Cependant, Israël n’a pas conquis de territoires qui appartenaient légitimement à un autre pays.

Nous avons ici un fait surprenant. Nous ne savons pas qui, au CICR, a pris cette décision et sur quelle base. Les archives du CICR sont fermées et gardées secrètes ! Ce qui est aussi surprenant, c’est que le CICR n’a pas appliqué cette interprétation à de terribles injustices d’occupation comme Chypre (avec la Turquie), Cachemire (avec l’Inde), le Tibet (avec la Chine), et une partie de la Géorgie (avec la Russie). La liste continue…. C’étaient des pays reconnus. En paraphrasant le Hamlet de Shakespeare : « Il y a quelque chose de pourri au CICR ». Serait-ce de l’antisémitisme ? Donc Israël doit vivre avec le fait que la loi internationale est interprétée, non selon ce qui est écrit dans la Quatrième Convention de Genève, mais selon l’application erronée de ladite Convention par le CICR.

En dépit de tous ces nombreux défis, Israël tracera sa propre voie selon ce qui est le meilleur pour sa survie. Je crois qu’il continuera à connaître l’opposition de la majorité des nations jusqu’au grand Jour de la Venue du Messie.

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