Dan Juster

Director
Tikkun Ministries International
 
 
"Aujourd'hui, l'ancien président Bill Clinton affirme que son inaction en la matière est l'un de ses grands regrets."






 
 
 
 
 
 
 
 
"Les blessures infligées pendant des siècles ne peuvent être surmontées sans la puissance de l'Evangile et le pardon."
 
 
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Délivre ceux qu’on traîne à la mort. Ceux qu’on va tuer, agis pour qu’on les épargne. Si tu dis : «  Ah, nous ne savions pas ! Celui qui pèse les cœurs ne le comprend-il pas ? Celui qui veille sur ta vie ne le sait-il pas ? Et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses œuvres ?
(Proverbs 24:11-13)

Ce texte surprend : il donne un impératif moral à toute personne de tout rang ou position dans la société. C’est un mandat de préserver la vie d’autrui. Les conséquences pour l'évangélisation sont profondes. En effet, nombreux sont ceux qui se dirigent en titubant vers la mort éternelle. Le passage a aussi une application profonde pour l’œuvre humanitaire du Corps du Messie.

Action militaire internationale pour délivrer ceux qu’on traîne à la mort

Néanmoins, ce n’est pas de ces applications-là que je veux traiter ici. Au contraire, je veux appliquer ce texte à la question de la moralité des dirigeants gouvernementaux et de la guerre. C’est un sujet qui m’intéresse énormément. C’est l'une des raisons pour lesquelles j’ai rejeté le pacifisme de mes années d’université. Je désire surtout aborder le comportement des républiques démocratiques. On voit que ce principe a été violé par les chefs de gouvernement dans toute l'histoire. Prenons quelques exemples récents.

Le Président Roosevelt et l'Holocauste (dans les années 1940)

L'une des plus grandes déceptions de l'histoire moderne est qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Président Roosevelt ait refusé d’agir pour empêcher le massacre de six millions de Juifs. Les leaders juifs l’ont supplié de bombarder les voies ferrées qui emportaient les Juifs vers les camps de la mort. Malgré les clairs renseignements donnés par l’espionnage, il a refusé de le faire prétextant que cette action entraverait l'effort de guerre. Cette action ne l’aurait guère gêné parce qu’elle aurait entrainé peu de frais aux États-Unis mais elle aurait pu sauver des dizaines de milliers de vies.

Le Rwanda dans les années 1990

Considérons le Rwanda. D'avril à mi-juillet 1994, en seulement quatre mois, plus de 500 000 Tutsis ont été massacrés par les Hutus. Selon certains, le total s’élèverait à 800 000. Aujourd'hui, l'ancien président Bill Clinton affirme que son inaction en la matière est l'un de ses grands regrets. L'ONU, l'Union européenne et l'OTAN se sont tenus à l’écart, en se tordant les mains de désespoir mais sans rien faire, pendant que les Tutsis étaient systématiquement massacrés. C’est seulement l'arrivée d'une armée tutsi qui a finalement pris le pouvoir et a pu mettre fin au massacre.

La Syrie (2010-?)

La situation actuelle en Syrie est profondément troublante. Plus de 200 000 personnes ont trouvé la mort. Les armes chimiques ont été utilisées, probablement des deux côtés. Les atrocités solidement documentées et attestées par des témoins sont sans nombre. L'Occident avait clairement le pouvoir de l'arrêter, mais face à l’opposition de la Russie et de la Chine et échaudé par les événements récents en Libye, il s’est senti incapable d'agir unilatéralement. Il aurait suffi d’imposer une zone d'exclusion aérienne.

L’Irak: L'État islamique, ISIS ou ISIL (2013-?)

Aujourd'hui, les Etats-Unis et une coalition de nations sont confrontés à l’un des mouvements les plus diaboliques que le monde ait connu depuis Hitler et Staline : la menace du mouvement radical et violent qui se nomme l'Etat islamique. Dieu merci, une action est enfin entreprise. Les pays occidentaux, par peur d'être entraînés dans une autre opération militaire prolongée avec des troupes au sol comme en Afghanistan, espèrent que les frappes aériennes et l'aide humanitaire suffiront. Mais ces mesures ne semblent pas suffisantes, en particulier dans des combats actuels pour la ville kurde de Kobani sur la frontière syro - turque. Pour leurs propres raisons perverses, les Turcs se tiennent à l’écart pendant que leurs voisins sont massacrés.

Arguments pour et contre la participation

Certains s’opposent à toute implication dans de telles situations. Ils disent que les nations ne devraient être guidées que par le principe de l'intérêt national. Cependant, certains affirment que l'orientation bienveillante à d'autres nations est en fait dans l'intérêt national puisqu’elle crée des amis et non des ennemis. Mais ils ne vont pas plus loin. Cependant, un disciple de Yeshua doit toujours agir dans l'amour dans toutes les situations! Cela signifie la recherche du meilleur pour un maximum de gens.

Quels sont les principes?

L'action militaire est toujours dangereuse et conduit parfois à des résultats imprévisibles, mais je crois que pour quiconque se dit moral, en particulier ceux qui disent agir selon les normes bibliques, il y a un test clair de comportement. Si une nation ou des nations ensemble ont le pouvoir d'arrêter le génocide (la destruction intentionnelle d'un groupe racial, ethnique ou religieux) et le massacre, avec des pertes qui sont proportionnellement faibles par rapport au nombre de vies sauvées, cette nation ou ce groupe de nations est moralement tenue de le faire. Il existe des normes humanitaires bibliques qui sont plus importantes que l'intérêt national.

Les droits de l'homme et le soutien des gouvernements

En outre, les gouvernements qui pratiquent vraiment le respect de tous les êtres humains et ceux qui ont au moins un degré significatif de droits de l'homme, devraient gagner notre plus grand soutien. Nous pouvons avoir des relations correctes même avec des régimes autoritaires s’ils permettent un minimum de tolérance et de droits de l'homme dans leurs sociétés. Mais ceux qui sont les plus oppressifs ne devraient pas recevoir notre soutien, même s’il paraît être à notre avantage. Cela placerait les relations internationales sur une base morale. Oui, parfois nous aurions à choisir le moindre de deux maux avec les puissances de ce monde, mais nous ne devrions pas le faire à la légère.

La politique de Bush en Irak

Sur cette base, la politique de l'administration Bush envers l'Irak était très problématique. Oui, Saddam Hussein a utilisé des gaz toxiques et massacré des milliers. Pourtant, sous les baasistes, les chrétiens et les minorités religieuses étaient protégés. Par conséquent, quand l'administration Bush a décidé de retirer tous les fonctionnaires gouvernementaux existants et de créer une nouvelle république démocratique, je me suis beaucoup inquiété. La majorité chiite qui serait certainement élue n’allait-elle pas se retourner et opprimer les sunnites qui les avaient opprimés précédemment? Je pensais que ce serait mieux d'enlever Saddam lui-même, et puis dire aux baasistes de coopérer avec le monde. Les résultats ont été comme prévu. Les chiites se sont alliés avec l'Iran (un état chiite) et ont opprimé les sunnites. Donc, les sunnites ont embrassé l'État islamique afin de lutter contre les chiites. C’était tellement prévisible! Les blessures infligées pendant des siècles ne peuvent être surmontées sans la puissance de l'Evangile et le pardon. En outre, l'établissement d'une république démocratique prend de nombreuses décennies d’éducation et de formation dans les droits de l'homme et les principes démocratiques. Donc, en Irak, en fin de compte, nous n’avons pas sauvé ceux qui périssaient, mais nous avons déclenché les forces démoniaques de la mort.

Conclusion

Si une nation a le pouvoir d'arrêter la destruction de masse et le génocide avec proportionnellement peu de pertes humaines, elle a l'obligation de le faire. Je crois que Dieu jugera sévèrement les dirigeants qui permettent que cela se produise quand ils ont le pouvoir de l'arrêter.

By Daniel Juster
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17:00 26Nov14 Webmaster -
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